Un nouveau rapport de Statistique Canada révèle que 45 % des Canadiens ont déclaré que la hausse des prix affecte considérablement leur capacité à couvrir leurs dépenses quotidiennes au début de 2024, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 33 % enregistrés en 2022. L'enquête, menée entre le 19 avril et le 3 juin 2024 dans le cadre de l'Enquête sociale canadienne, fournit des données détaillées montrant comment l'inflation et la hausse des coûts affectent divers segments de la population, qu'il s'agisse des tranches de revenu, des groupes d'âge ou d'autres facteurs démographiques.
La pression financière révèle une nette division selon les niveaux de revenu : près de 60 % des personnes appartenant au quintile de revenu le plus faible déclarent éprouver des difficultés importantes à couvrir leurs dépenses quotidiennes, contre seulement 27 % de celles du quintile de revenu le plus élevé. L'impact va au-delà des préoccupations budgétaires et touche également la santé mentale, plus d'un tiers (35 %) des Canadiens décrivant la plupart de leurs journées comme assez ou extrêmement stressantes en raison de problèmes financiers. Ce stress est particulièrement marqué chez les groupes à faible revenu, près de la moitié des personnes du quintile de revenu le plus faible déclarant des niveaux élevés de stress lié aux finances.
L'âge joue un rôle crucial dans la manière dont les Canadiens ressentent la pression financière : 55 % des personnes âgées de 25 à 44 ans déclarent éprouver de grandes difficultés à couvrir leurs dépenses quotidiennes en raison de la hausse des prix, contre seulement 28 % des personnes âgées. Cette fracture générationnelle se reflète également dans les préoccupations liées à l'accessibilité au logement : 56 % des personnes âgées de 15 à 34 ans expriment un niveau élevé d'inquiétude, contre seulement 19 % des Canadiens de 65 ans et plus. Les ménages avec enfants et ceux comprenant des membres de la famille handicapés sont parmi les plus vulnérables à la pression financière : 57 % des personnes handicapées déclarent éprouver des difficultés importantes à couvrir leurs dépenses quotidiennes, contre 43 % de celles sans handicap.
Le stress financier prolongé affecte la qualité de vie globale des Canadiens et leur perspective d'avenir. Seulement 35 % de ceux qui subissent un stress financier élevé ont déclaré se sentir optimistes quant à l'avenir, contre 73 % de ceux qui ne sont pas confrontés à un stress financier quotidien. De plus, seulement 17 % des Canadiens décrivant la plupart de leurs journées comme financièrement stressantes ont déclaré une satisfaction élevée à l'égard de la vie, un contraste frappant avec les 70 % de ceux qui ne sont pas stressés par leurs finances. L'accessibilité au logement reste une préoccupation majeure : 38 % des Canadiens déclarent être très inquiets quant à leur capacité à payer un logement ou un loyer en raison de la hausse des prix, contre 30 % au printemps 2022.
Face à ces pressions financières, un nombre croissant de Canadiens envisagent de se tourner vers des organisations communautaires pour obtenir de l'aide. Près d'un Canadien sur quatre (23 %) a indiqué qu'il serait probablement amené à compter sur de telles organisations pour se procurer de la nourriture ou des repas tout au long de 2024, contre 20 % en 2022. Cette tendance souligne la pression croissante sur les budgets des ménages et la demande potentiellement accrue de services de soutien social alors que les Canadiens font face à ces défis financiers.


